14.09.2006
Un candidat au service de notre projet
Membre du MJS, j’ai vu avec stupeur les reproches faites à notre président, Razzye Hammadi pour sa phrase : « mon candidat, c’est le projet ». Tout de suite, des journalistes qui ne conçoivent pas le débat politique autrement que comme un affrontement de personnes l’ont taxés de langue de bois. Être fier de notre projet, c’est être langue de bois ? Soutenir la réalisation commune à tous les militants, l’aboutissement de plus d’un an de réunions de sections, de travaux en commissions, c’est être langue de bois ? Dans ce cas, je revendique aussi le fait d’être langue de bois.
Mais les élections présidentielles sont ainsi faites que c’est pour un homme ou une femme qu’on vote. Choisir un candidat, c’est donc choisir celui ou celle qui défendra le projet auprès des français avant l’élection, mais aussi choisir celui ou celle qui sera le plus à même de transformer nos promesses en actes.
Défendre, et agir pour la promotion de notre projet. Lorsque Dominique Strauss-Kahn organise, comme le 30 juillet dernier, une cérémonie de parrainage d’enfants sans-papiers pour empêcher leurs expulsions, ce n’est que la conséquence d’une proposition de la partie III, sur l’immigration partagée : « Nous respecterons le droit au regroupement familial pour protéger les enfants scolarisés, nés en France, ou y vivant depuis longtemps ». Lorsqu’à l’Assemblée nationale, il s’oppose au projet de fusion entre Gaz de France et Suez, c’est la partie I qu’il défend puisque « nous mettrons en place un pôle public de l’énergie entre EDF et GDF – dont nous refusons la privatisation ». Reconnaissons le mérite au candidat Strauss-Kahn de s’être approprié ce projet, et de le représenter face aux français. Et, ainsi, d’honorer le travail de tout les militants.
Mais si la campagne dure quelques mois, il s’agira ensuite, j’en suis convaincu, de gouverner pendant au moins cinq ans. Si je n’étais pas né au moment de l’élection de François Mitterand, j’ai trop souvent entendu qu’après 81 il y eut 83, et qu’à l’espoir succéda trop rapidement « le tournant de la rigueur ». Aujourd’hui, je n’en veux pas. Aucun gouvernement socialiste n’a remporté les élections qui l’ont suivi. A chaque fois, les désillusions l’emportèrent, et cela, je n’en veux pas. Je veux gagner en 2007, mais aussi gagner en 2012, et au-delà, car il nous faudra bien plus que cinq ans pour renverser le cours des choses.
Nous avons la chance, au parti socialiste, de n’avoir que des candidats compétents, disposant tous d’expérience au plus haut niveau. Mais à l’heure des problèmes de pouvoir d’achat, de la croissance sans emploi, de la précarité, de l’actionnaire-roi, la maîtrise de l’économie, cette grande absente des débats de rentrée, sera essentielle. Notre candidat(e) ne devra pas braquer le patronnat (au risque d’entraîner une fuite des capitaux), tout en restant ferme sur la mise en place de notre projet de société.
A nouveau, le nom de Dominique Strauss-Kahn se revient. Ministre des finances de Lionel Jospin au moment du passage à l’euro, il a su négocier un taux de change (le célèbre 1€ pour 6.55957 Frcs) favorable à la France. D’un coup, nous nous sommes retrouvés avec (relativement) plus d’euros que les allemands pour la même somme la veille. Et une compétitivité renforcer pour nos entreprises. Cela à l’air de rien, mais ces petites choses mises à bout ont fait dire de DSK qu’il était « le meilleur ministre de l’économie de l’Europe » à ce moment-là, et une croissance supérieure à 3% ces années-là. Imaginons ce qu’il fera avec les moyens de la présidence à sa disposition !
Fier de notre projet, j’affirme pour cette raison que mon candidat, c’est Dominique Strauss-Kahn. Et je vous invite à le soutenir également pour que le socialisme au pouvoir soit autre chose qu’une parenthèse que nos « amis » libéraux s’empresseraient de refermer, pour réussir ensemble le changement.
Emmanuel
13:45 Publié dans Tribune Libre | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Dominique Strauss-Kahn, parti socialiste, projet socialiste
