10.06.2006

Pourquoi je soutiens DSK (par Christophe Grébert)

Chrisophe Grébert s'est fait connaître par son blog d'opposition à la gestion 'particulière' des Ceccaldi-Raynaud). Il a mis en ligne aujourd'hui un texte très complet pour motiver son soutien à DSK. Retrouvez son blog à l'adresse suivante: 

http://www.onledit.com/2006/06/pourquoi_je_sou.html 

(et regardez la vidéo anti-sarko, vous y reconnaîtrez quelqu'un !!!!)

Même si Ségolène Royal est aujourd'hui la préférée des médias et des sondages, il ne faudrait pas pour autant que ce choix s'impose à l’ensemble des militants socialistes sans que nous en débattions. Ce sont bien les militants socialistes qui désigneront au mois de novembre celui ou celle qui incarnera le projet et les valeurs socialistes en 2007.

C'est sur cette promesse -le choix de notre candidat et le débat sur le projet- que plus de 80.000 Français viennent d'adhérer au PS. Ne les décevons pas.

J'ai décidé de soutenir Dominique Strauss Kahn, parce qu'il représente selon moi l'espoir d'un Parti socialiste qui, affirmant toutes ses valeurs (la justice sociale et la solidarité) tout en se réformant, s'ancrera dans le 21e siècle comme un véritable parti social démocrate moderne, volontariste et européen.

Qui est DSK ?

Il a 57 ans. Il est Universitaire, économiste. Elu du Val d'Oise.
Ministre de l'Industrie en 1991, sous les gouvernements Cresson et Bérégovoy.
Ministre de l'Economie et des Finances dans le gouvernement Jospin.
C'est à lui que l'on doit l'idée des « emplois jeunes » et la réussite de la qualification de la France pour le passage à l'euro.

Son courant « Socialisme et démocratie » regroupe des gens comme Jean-Christophe Cambadélis, Pierre MOSCOVICI, Catherine Trautmann, Henri Nallet, Claude EVIN et Alain RICHARD.

Quelle est la situation de la France, selon DSK ?

La commission européenne a publié il y a quelques semaines une étude révélatrice. Elle a posé la question suivante aux citoyens européens : "Est-ce que les choses vont dans la bonne direction dans votre pays ?". Oui ont répondu les Irlandais à 65%, contre seulement 19% de réponses positives de la part des Français. Nous sommes 25e sur 25 au classement de l'espoir, ou plutôt du désespoir (source : étude "Le futur de l'Europe", mai 2006).

Les Français sont angoissés. L'idée de progrès se délite. L'ascenseur social est détruit. C'est le "descenseur social", dit même DSK.

Des usines ferment. Les salariés ont peur, quel que soit leur niveau social ou de compétence, simple ouvrier ou cadre dans une multinationale. La mondialisation nous dépasse.

Le monde semble aussi plus dangereux : le nucléaire iranien, le terrorisme...

Et puis, l'Europe n'apparaît plus en France comme une protection. Cela a donné le NON à la constitution, qui a été un vote de rejet, de peur, de replis sur soi.

En 1 an, nous avons vécu 4 crises : le NON à l'Europe, l'explosion des banlieues, la crise du CPE... et aujourd'hui l'affaire Clearstream.

C’est clair que le gouvernement est en cause. La droite a choisi le renoncement : abandonnant les valeurs de la République au profit du communautarisme (nous voyons comment à Puteaux, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, imitant Nicolas Sarkozy, clientélise et fait la promotion des communautés jusque dans le journal municipal "Puteaux infos"). Renoncement aussi par l'abandon de notre code du travail, avec le CNE et le CPE.

Mais face à cette angoisse, la gauche a aussi une responsabilité : ces dernières années, nous n'avons pas été capable de présenter une véritable alternative.

Cela donne l'étude du CEVIPOF, commandée par le ministère de l'intérieur, et publiée en mai dernier : 69% des Français ne font confiance ni à la gauche ni à la droite.

Nous en sommes là, analyse DSK, parce qu'à côté du renoncement de la droite, il y a la gauche de l'immobilisme, qui se contente de résister. Cette « vieille garde » de la gauche est dépassée.

"Il faut bouger pour survivre", déclare DSK. Les Français veulent du changement. C'est dans ce mouvement de rénovation que Dominique Strauss-Kahn veut s'inscrire. Pas seulement dans le discours, mais dans des propositions, des idées, une stratégie et une méthode (qu'on préférera à "vision") :

Tout en conservant nos valeurs, celles du socialisme, nous devons rénover nos doctrines et nos pratiques politiques, pour faire en sorte que la gauche non seulement accède au pouvoir, mais soit capable de le garder, à l'image d'autres partis sociaux démocrates en Europe.

Comment en effet être réformiste et réformer, si on ne fait que faire des brefs passages au gouvernement.

DSK s'est imposé une règle de base : ne jamais promettre des choses qu'on ne pourra pas réaliser une fois au pouvoir.

La France est riche. Mais pour partager, il faut produire. Pour partager, il faut retrouver le chemin de la croissance. Il faut relancer l'investissement et la productivité. La croissance, c'est la condition de l'emploi et du pouvoir d'achat. Il faut donc rénover notre modèle de développement économique et social.

S'il faut continuer de redistribuer, pour lutter contre les inégalités, cela ne suffit pas. Il faut refuser la société de l'assistance... pour attaquer les inégalités à la racine. Il faut viser "l'égalité réelle". C'est la grande idée de DSK reprise dans le Projet du Parti Socialiste.

Dominique Strauss-Kahn a lancé plusieurs autres idées lors du débat sur le "Projet 2007" (Voir ses « 15 premières solutions »). J'en cite 2 qui nous touchent particulièrement à Puteaux :

- la création d'un service public de la petit enfance,
- la création de nouvelles villes, pour loger les millions de français qui ne trouvent pas de logement.

Nous devons aussi être courageux pour faire sauter certains de tabous, par exemple sur les retraites, en prenant en compte l'évolution de l'espérance de vie et la pénibilité du travail.

Sur l'université : l'avenir de notre pays passe par notre capacité à innover. La recherche doit aussi être réformée. Il faut donner plus de moyens, mais aussi plus d'autonomie aux universités. Le New York Times vient de publier un article apocalyptique sur Paris X Nanterre, soulignant notamment qu'à la bibliothèque de recherches sur 100 ordinateurs, 30 sont connectés à Internet, pour un fac de 32.000 étudiants.

La France doit redevenir un acteur mondial.

Il faut rénover la construction européenne, créer cette Europe sociale et politique à laquelle nous aspirons tous. Une Europe qui aura une politique étrangère, une politique de défense aussi, avec une puissance d'intervention. Une Europe capable de porter son modèle dans le monde.

La France doit être un acteur dans le monde, avec l'Europe, pour aider les pays en développement. C'est le grand défit des 50 ans qui viennent : sortir de la misère les enfants qui meurent du sida en Afrique et tous ces gens qui vivent avec 1 dollar par jour.

Pour DSK, l'Europe doit en particulier prendre en charge le développement autour de la Méditerranée.

Dominique Strauss Kahn veut mettre le pays en mouvement.

Il sait qu'on ne fera pas bouger les choses uniquement d'en haut. Il faut le faire avec les syndicats, les associations. Il faut aussi rénover les partis politiques (37% des Français se déclarent ni de gauche ni de droite, selon l'enquête du CEVIPOF). Rénover aussi nos institutions.

Mais pour DSK, le problème, ce n'est pas la 5e république. En faut-il une 6e ? Pourquoi pas une 7e ?

Ce qu'il faut avant tout, c'est changer le rapport de force entre le gouvernement et le Parlement. Les députés doivent être à l'Assemblée nationale pour exercer leur travail et leur contrôle. Cela passe par une réforme simple : le mandat unique.

Il faut montrer un chemin pour le pays : DSK propose celui de l'efficacité et de la justice. Une sociale démocratie nouvelle qui refuse les inégalités, qui s'élèvent contre la misère du sud, contre l'immobilisme dans la construction européenne, contre la discrimination raciale.

Les Français attendent du changement, une rupture, un projet novateur. DSK, c'est la rupture par le projet ; pas la rupture libérale proposée par Nicolas Sarkozy, ni l'immobilisme auquel son tenté certains à gauche.

DSK est un homme d'Etat. Il a l'expérience. Il a les idées et la méthode. Face aux défis économiques et à la crise d'angoisse des Français, il peut être celui qui redonnera confiance.

C'est un bon débatteur. Il l'a montré en 2002 à la télévision contre Nicolas Sarkozy, puis plus tard contre Hervé Gaymard.

DSK a pris toute sa part dans les combats pour l'égalité des droits : droits des étrangers, droits des homosexuels.

Finalement, à part être « anti-libéral », qu'est-ce que cela veut dire être de gauche aujourd'hui ?

Moi, je ne suis pas entré au PS pour être uniquement un "anti", mais bien pour défendre une vision positive de l'avenir. Cela ne me convient pas d'être en opposition avec la société mondialisée. Je veux voir mon pays et ma planète se développer.

Je veux que mon parti avance des idées et une stratégie globale, pour parvenir au progrès social, ici et ailleurs. Je crois aux modèles français et européen.

DSK me semble posséder le meilleur scénario : ce progrès social passe par la croissance. Et ce progrès social et cette croissance passent aussi par une Europe économique ET politique forte.

Il nous reste 1 an pour faire gagner la gauche. Pour cela, il faut redonner l'espoir aux Français. Nous rassemblerons si nous avons un projet positif, courageux et moderne à proposer, et un candidat pour porter ce projet. Pour moi DSK a les idées et la méthode pour parvenir à cela.

Christophe Grébert, militant socialiste à Puteaux, Hauts-de-Seine

(l'essentiel des arguments développés ici sont tirés du discours de DSK prononcé le 14 mai 2006