22.06.2007

Conséquences du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux

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Eric Woerth vient de déclarer sur BFM, qu'entre 30 000 et 40 000 fonctionnaires ne seront pas remplacés dans le budget 2008, soulignant que "chaque ministère" contribuerait "à l'effort" .

"Globalement 70 000 fonctionnaires partiront en retraite d'ici à l'année prochaine
(...), donc c'est un sur deux, à peu près la moitié, qui ne seront pas remplacés", a expliqué M. Woerth, estimant ce nombre  à "30, 35, 40 000".

 

Quel serait l'impact sur les différents ministères d'une suppression nette - sur la législature - de quelques 190.000 postes (correspondant au non-remplacement d'un départ en retraite sur 2) ?

 

 

La seule facture des cadeaux fiscaux du « paquet fiscal » présenté par Nicolas Sarkozy – près de 11 milliards d'euros – sera à peine financée par la destruction de plus de 190.000 emplois dans la fonction publique au cours des prochaines années (correspondant au non-remplacement d'un départ en retraites sur 2). Cette dernière norme ne dégagerait d'ici 2012 qu'environ 6 milliards d'économie.

 

Au maximum, un quart des 190.000 suppressions d'emplois visés dans la fonction pourra raisonnablement provenir du Ministère de l'Economie et des Finances. Il n'est guère réaliste de tabler sur une proportion significativement supérieure à 20% du total.   Au-delà des économies évoquées par le Président de la République sur ce Ministère (rapprochement entre la Direction générale des impôt et la Direcion générale de la Comptabilité publique, diminution des effectifs des services des Douanes,...), la réduction nette d'effectifs de l'ordre de 190.000 personnes en cinq ans passera nécessairement par des réductions de postes sur d'autres ministères.

 

Pour mémoire, dans la dernière loi de finances connue (budget 2007), plus de la moitié des postes supprimés l'ont été sur les budgets de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche et sur le budget de l'enseignement scolaire

 

Sur ces bases, et au regard des massses en jeu et de la priorité politique accordée ces dernières années par l'actuelle majorité aux budgets régaliens (défense, intérieur, justice), l'essentiel des suppressions d'emplois visés au cours de la prochaine législature  risque d'être supporté par 4 ministères : éducation nationale et recherche, défense et mémoire, économie et finances, transports et équipements.

 

En appliquant la même répartition des suppressions de postes par départements ministériels que celle observée dans le PLF 2007, et en tenant compte d'une hypothèse totale de réduction nette des effectifs de l'Etat, de l'ordre de 190.000 emplois, soit environ 8 % des équivalents temps plein actuels, et l'équivalent de 50 % des départs à la retraite sur la période 2007-2011 , les principaux efforts atteindraient les résultats suivants :

 

1. Le nombre de suppressions nettes d'emplois au cours de la prochaine législature atteindrait plus de 78.000 sur le budget de l'enseignement scolaire, 56.700 sur le budget de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, et plus de 11.460 sur celui des transports et l'équipement.

 

2. En termes de taux de contribution (diminution brute du nombre de postes rapporté aux effectifs en poste au 1 er janvier 2007), le budget de l'agriculture (-21% sur ses effecifs), des Finances (-16% à -20%) et des transports et équipements (-12%) seraient fortement impactés, laissant entière la question de la sauvegarde des conditions d'exercice de leurs responsabilités dans leur périmètre actuel.

 

Thomas Julien

thomasjulien.com@orange.fr

 

13.06.2007

Tout Va Augmenter

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Le nouveau gouvernement souhaite mettre en place une hausse de la TVA pour couvrir le déficit de la Sécurité Sociale. Selon lui, cette hausse n'entraînera pas d'augmentation des prix car elle sera compensée par la baisse des cotisations salariales. 

Examinons la réalité des faits : 

 

1/ Baisse des cotisations :

Les charges sur les salaires en Frane vont baisser : quatre conséquences possible : hausse des salaires en conséquence, baisses des prix, augmentation des marges, ou un mix des trois. Le gouvernement compte sur les entreprises et leur moralité pour baisser leurs prix. Argument un peu optimiste, mais que nous allons admettre. 

Donc Baisse des cotisation sur les salaires ==> Baisses des prix des produits fabriqués en France 

 

2/ Hausse de la TVA :

La hausse de la TVA concernera tout les produits. Elle entraînera immédiatement une hausse des prix au moins proportionnel (les industriels en profitant souvent pour augmenter leur marge en passant, comme pour l'essence).

En conséquence : 

Produits fabriqués en France  ==> stabilité

Produit fabriqués à l'étranger ==> hausse

Et quels sont les produits fabriqués à l'étranger ? Quasiment tout en fait : biens d'équipements, automobiles, textile, papeterie, jouets, informatique, etc, etc ....  

 

3/ Conclusion :

Hausse des bénéfices pour les entreprises, baisse du pouvoir d'achat pour les autres,  une vraie mesure de droite.

 

 

 

 

29.05.2007

Sarkozy, l'affranchi par JM Le Guen

75976a8955977de95befe05cf6f8c491.jpegAprès l'annonce de Nicolas Sarkozy d'introduire une « franchise » sur le remboursement des soins, ses principaux lieutenants, François Fillon et Xavier Bertrand, ont multiplié les déclarations les plus contradictoires, tantôt pour justifier cette provocation, tantôt pour en atténuer l'effet.

Rappelons, tout d'abord, ce qu'est une franchise de remboursement. Au ticket modérateur actuellement existant (partie non remboursée des soins, soit 30% pour une consultation médicale – à condition que le praticien respecte les tarifs –, et 25% sur le médicament), la Droite a ajouté le fameux «1 € » sur chaque acte médical, puis les 18 euros sur les actes les plus lourds. La proposition de Nicolas Sarkozy est de diminuer davantage les remboursements : les premières dépenses (100, 200 Euros ? On ne sait pas. Mais ce qui est sûr c'est que cette franchise augmentera au rythme déficits) ne seraient donc plus du tout remboursées. Les conséquences sociales, sanitaires et politiques d'une telle mesure seraient considérables.
Dès lors comment peut-on justifier une telle proposition ? Pour François Fillon, c'est la situation financière de l'Assurance maladie, l'ampleur du déficit, et le refus par engagement moral le de recourir à la dette sociale qui légitiment cette baisse des remboursements. L'argument, purement comptable, a au moins le mérite – si l'on ose s'exprimer ainsi – de la franchise. Il est néanmoins profondément cynique venant de responsables gouvernementaux qui ont, sans vergogne, fait exploser la dette sociale, ces cinq dernières années, en transférant plus de 60 milliards d'euros sur les générations futures. Records pulvérisés !
Pour Xavier Bertrand, c'est « la responsabilisation du malade » qui est l'enjeu de cette mesure. On se souvient pourtant que cet argument a déjà servi pour expliquer les déremboursements précédents. Quand cela finira-t-il ? En réalité, il n'y a là que pure idéologie et volonté scandaleuse de culpabilisation.
Nous savons bien que la très grande partie des dépenses de santé est concentrée sur les cas les plus lourds : malades hospitalisés et malades chroniques. Le recours abusif à la consultation médicale, quant à lui, bien que souvent évoqué pour expliquer l'aggravation de notre situation financière, est une idée fausse. Ces abus ne concernent, en fait, qu'un nombre très marginal d'assurés et ne représente qu'un faible enjeu financier pour l'Assurance maladie.
La véritable logique de la franchise médicale est de freiner la première consommation (celle qui est pourtant la plus utile au plan médical) et non la surconsommation éventuelle. En effet, la franchise ne joue plus de rôle dissuasif une fois son montant dépassé. Comme le soulignent toutes les études, et notamment les rapports du Haut Conseil à l'Assurance Maladie, c'est dans la désorganisation du système de soins qu'il faut chercher les principales raisons du gâchis et des abus : surprescription médicamenteuse, multiplication des examens en raison de l'absence de continuité des soins…
Mais, au-delà des mauvais prétextes, ces mesures entraîneront surtout de très graves conséquences pour notre Assurance maladie et pour la santé publique de notre pays. Avec une franchise à 100 €, 40 % des Français ne recevraient plus aucun remboursement dans l'année. Il s'ensuivrait une perte de légitimité de la sécurité sociale fragilisant son existence même. Les plus défavorisés et les plus pauvres, les plus exclus du système de santé, seraient amenés à retarder leur recours aux soins sans que d'aucune façon la santé publique ou les comptes de la sécurité sociale y trouvent leur intérêt.
Devant la montée des tarifs, la généralisation des dépassements d'honoraires, les déremboursements de médicaments, et bientôt la création d'un secteur optionnel décrochant une nouvelle fois le montant des remboursements des prix réellement payés, le problème de l'accès aux soins se posera pour des millions de Français.
Mais pour Nicolas Sarkozy, l'important c'est d'avancer vers la privatisation pour ne plus garder dans la sécurité sociale que le remboursement des soins les plus lourds./.

 

Trouvé sur le site : http://prioriteagauche.typepad.fr/

Le site de J-M Le Guen : http://www.jmlg.fr/