07.10.2007
Que penser des statistiques ethniques ?
On parle beaucoup en ce moment du projet de loi sur l’immigration présenté par Brice Hortefeux. L’opposition se focalise essentiellement sur l’amendement ADN de Thierry Mariani, en laissant de côté d’autres aspects non moins importants du projet, comme l’introduction de statistiques ethniques. Pour la première fois en France, on pourra recenser les individus en fonctions de leurs “ethnies”, sur une base déclarative.
Ce projet n’est pas nouveau. La droite le porte depuis plusieurs années, car de tels statistiques sont le préambule indispensable à la mise en place de politiques communautaristes, ou de discrimination positive. Ainsi, le Centre d’Analyse Stratégique, ancien commissariat au plan, avait organisé l’an dernier un colloque sur le sujet, pour réfléchir à la mise en place de tels statistiques. Colloque bien entendu orienté (le CAS ayant été mis en place par de Villepin), mais qui a eu l’honnêteté de présenter les arguments des défenseurs comme des opposants au projet.
Les arguments favorables :
Les ethnies sont une réalité, que la République nie, comme elle nie les communautés. Les reconnaître, et recenser les origines ethniques des français ne seraient donc que coller davantage à cette réalité. Une fois ces statistiques réalisées, on pourra chiffrer avec précision les discriminations, les actes racistes, et adapter les réponses. Tout le monde sait qu’il y a des inégalités ethniques, et on pourra enfin, avec beaucoup de retard sur les Etats-Unis et d’autres pays européens, les évaluer. Enfin, ils agiraient comme une reconnaissance culturelle de certaines minorités.
L’idée centrale est donc de catégoriser les français, de les définir en tant que blanc, noirs, maghrébins … et si possible en binôme avec une appartenance religieuse. Il est loin le temps où la République ne reconnaissait aucun groupe entre l’Etat et l’individu …
Les arguments défavorables :
En plus de ce refus d’éclatement de la République en sous-communautés réclamant chacunes des droits particuliers, les opposants aux statistiques ethniques mettent l’accent sur la difficulté et la subjectivité des mesures. L’”ethnicité” est une représentation, et est par définition variable. Je peux me définir d’une certaines manières, tandis qu’un autre me verrait différemment. Et cette définition se rapprochera plus de pratiques culturelles que d’une origine commune. Enfin, la catégorie ethnique enferme les individus. Si on peut sortir d’une classe sociale, les statistiques ethniques vont renforcer le repli sur soi de communauté qui pourront se compter.
Tout ces problèmes vont entraîner des statistiques faussées, et les politiques construites dessus seront donc inefficace. Si un chercheur pose comme catégorie “blanc, arabe, noir”, comment se définira un kabyle d’Algérie ? Les musulmans et les catholiques noirs ont-ils vraiment les mêmes difficultés ? A l’inverse, des catégories extrêmement détaillés ne seront pas non plus exploitable, car trop fragmentées.
Alors, ghettoïsation, repli sur soi et enfermement dans des cases d’un côté, contre succès éventuelle d’une politique de discrimination positive, dont on a vue la réussite pour le moins mitigée aux Etats-Unis ? Le débat n’aura pas lieu, la décision ayant été prise dans une nuit de l’Assemblée …
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06.10.2007
De retour
Après une longue période estivale, notre blog se réveille.
La gueule de bois a été longue, depuis la défaite de notre candidate, et les motifs de colère sont de plus en plus nombreux : paquet fiscal, ADN, statistiques ethniques, gouvernement du Big Business et de népotisme, tout aux amis, rien aux français, nous avions raison de nous battre pour une autre politique.
Aujourd'hui, il faut préparer l'avenir, et ce blog prendra sa place dans la rénovation du parti socialiste. Promotion des idées sociales-démocrates, apport de nos camarades européens, réflexions de notre section et de notre courant, nous répondrons présent à la nécessaire construction du socialisme du XXIème siècle.
Très vite, de nouvelles échéances se présentent : les éléctions municipales commencent à se préparer, sur la base du bon bilan de Bertrand Delanoë et de Pierre Castagnou. Nous participerons à la campagne à leur côté, pour ancrer Paris à gauche. Les transformations commencées depuis 5 ans vont dans le bon sens, il faut maintenant continuer !
Opposition, Rénovation, Conquête, voici les trois thèmes de cette fin d'année.
20:29 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
